mercredi 17 décembre 2008

La quête du bonheur ...

Je viens encore d’entendre reparler de la quête du bonheur, véritable quête du Graal pour moi. « Quête », si on le recherche, c’est qu’on ne l’a pas ! Je suis persuadé que ceux qui recherchent le bonheur, ne savent pas au juste ce qu’ils recherchent, et donc probablement, n’atteindront jamais rien, la quête est inutile et ne débouchera pas avant la mort.
Wikipédia nous le définit ainsi : état durable de plénitude et de satisfaction
, état agréable et équilibré de l'esprit et du corps, d'où la souffrance, l'inquiétude et le trouble sont absents
.
Deux de mes collègues me racontaient qu’ils rêvent ou ont rêvé de la retraite, temps où un certain bonheur semble possible si on a la santé, puisqu’on est seul à décider pour soi. L’un voulait faire le tour du monde en bateau (il navigue très souvent), mais il a réalisé qu’à la retraite il serait trop vieux pour cela. L’autre voulait s’installer en Bretagne, au bord de l’eau : à la retraite, il a fait l’expérience en « live » … mais en gardant ses arrières. Il est maintenant revenu chez lui, au milieu de ses enfants.

Mais qu’est-ce que le bonheur ? Je me garderai bien d’y répondre mais je donnerai « mes » pistes : Le bonheur recherché par l’homme n’est pas le bonheur voulu par Dieu pour l’homme. Le bonheur recherché par l’homme est souvent éphémère, court-terme, un peu égocentrique (et souvent à juste raison quand on s’est beaucoup « donné »), juste retrouver un équilibre un peu perdu … pas assez de navigation pour l’un, plus de Bretagne vivifiante pour l’autre. En lisant l’Evangile, je ne vois rien là du rêve de Dieu pour nous. Le rêve de Dieu pour nous c’est : « Je serais votre Dieu et vous seriez mon peuple », rêve souvent « rêvé » dans l’ancien Testament. Pour reconnaitre Dieu comme notre Dieu, et donc « être » de son Peuple, il suffit de suivre simplement ses commandements et en particulier le premier : « aimez-vous les uns les autres » (à ce propos, 138 dirigeants islamistes ont envoyé une lettre aux dirigeants chrétiens, catholiques, protestants, orthodoxes pour montrer la grande ressemblance de nos fois, et en particulier de ce commandement de l’amour du prochain, aussi clairement exprimé par le Coran que par notre Bible).

En ce qui me concerne, je me retrouve dans la situation du collègue navigateur : j’ai toujours imaginé qu’à la retraite, je ferai plus de caritatif, pour partager avec Dieu ce rêve … et bien non, le courage me manque pour m’y remettre. Je m’en excuse auprès de moi et attribuant cette perte de courage à ma santé, et il y a beaucoup de vrai là derrière … dans ce que je ressens.

Mais surtout pour moi, le bonheur n’est pas la première aspiration de l’homme, cette première aspiration est d’atteindre l’Absolu (chacun définit le sien), et pour cela il faut disposer de sa pleine liberté. Pourquoi je pense cela ? On a souvent vu des femmes et des hommes risquer leur vie pour la liberté. Avez-vous vu des femmes et des hommes la risquer pour le « bonheur » ?
Alors arrêtons de rechercher le bonheur … et recherchons l’Amour de Dieu que nous pourrons trouver dans l’Amour des hommes.

4 commentaires:

  1. j'ai lu et relu attentivement, m'attendant à ce que ce ne soit pas clair... mais finalement ton propos est simple : le bonheur n'étant pas une réelle priorité, ta quête d'absolu, ton rêve rejoint celui de Dieu pour l'homme et s'appelle l'amour... tâche de vivre ça à la retraite, c'est là que, caritativement ou non, tu feras ton bonheur, celui des tiens et de ton prochain.
    Notion plus floue pour un prochain post : la liberté et la retraite... la liberté et la vie, vie sociale... Personnellement avec l'achat d'une maison, Ezéquiel, Iris, famille et amis je n'ai pas recherché la pleine liberté mais choisi de vivre (car j'avais la liberté de choix) avec des "entraves" à une pleine jouissance de moi-même, simplement car je suis certainement plus moi-même ainsi, l'amour m'emplit plus qu'une certaine liberté...

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  2. Merci du commentaire et de l'excellent prochain sujet. Bisous en toute liberté.
    Et d'ailleurs, après Liberté, on pourrait parler d'égalité ... et de fraternité inévitablement !

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  3. Sont-ce véritablement des islamistes qui ont écrit cette lettre, ou plus simplement des musulmans ?

    Autrement, en ce moment, je répète le rôle de Créon dans "Antigone" de Jean Anouilh, et le bonheur s'y oppose à l'absolu de façon fine et terrible. A Créon qui lui montre le bonheur ("La vie, c'est un livre qu'on aime, c'est un enfant qui joue à vos pieds, un outil qu'on tient bien dans sa main, un banc pour se reposer le soir devant sa maison... (...) Ce n'est peut-être tout de même que le bonheur."), Antigone répond par une exigence d'absolu ("Je veux tout, tout de suite, — et que ce soit entier — ou alors je refuse ! (...) et que cela soit aussi beau que quand j'étais petite — ou mourir.")

    Elle en meurt. Mais c'est Créon qui semble perdu, à la fin...

    Nous avons passé la soirée à faire résonner cet affrontement.

    Bisous,

    Thomas C.

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  4. Tu as raison Corneille, j'ai écrit une bêtise énorme, ce sont des musulmans bien sûr. J'ai la lettre à ta disposition si tu veux.

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